histoire du ninjutsu

histoire du ninjutsu
Le Ninjutsu est né au Japon il y a très longtemps...

Le terme "NINJUTSU" est composé de 2 idéogrammes (Kanji) dont les sens sont "technique, art, méthode" et "endurance, persévérance, discrétion, furtif".

Les "Ninja" sont donc des individus (Ja/Sha) endurants et discrets (Nin/Shinobu/Shinobi).

Depuis les temps lointains, toutes les nations ont eu recours à des espions ou des guerriers entraînés à récolter les renseignements. Le Japon a pour particularité de codifier beaucoup de pratiques et de traditions. C'est ainsi que la tradition d'utiliser des agents infiltrés et une police secrète fut peu à peu élaborée.

C'est en 660 avant Jésus Christ que l'on trouve l'une des premières traces de l'utilisation d'agents infiltrés au Japon. En ce temps, le premier empereur, Jimmu Tenno, demanda à Shinetsuhiko et à Otokasi de s'infiltrer en territoire ennemi afin de lui rapporter une argile précieuse. la mission fut un succés et l'empereur finit par vaincre son ennemi.

Puis vers l'an 600 de notre ère, Otomo no Saijin reçut le premier le qualificatif de "Shinobi" (furtif, discret) de la part du prince impérial Shotoku.
Hatsumi Sensei

Mais c'est de l'ère Chiryaku à l'ère Oho (de 1065 à 1163), que le Ninjutsu se développa vraiment à partir des enseignements de Hakku Un Doshi, Kain Doshi, Daisuke Togakure,...

Puis, au cours des siècles, le Japon fut le berceau de multiples groupes isolés qui donnèrent naissance à une multitude de traditions de Ninjutsu.

Parmi toutes ces origines, on peut citer :

De nombreux immigrés d'origine Chinoise et parfois Koréenne : Ils sont venus au Japon suite à des guerres ou des problèmes dans leur pays et ont apporté de multiples documents et enseignements parmi lesquels des traités de stratégie (Sun Tsu,...), l'art de la prestidigitation, les traditions religieuses, de multiples méthodes de combat, la poudre noire, la médecine,...On peut citer parmi eux Ibou, Cho Gyokko, Chan Busho, le clan de la famille Hatta (Hattori),...

De nombreux groupes d'artistes ou de nomades : De multiples groupes d'artistes et de saltimbanques, parfois nomades ou équivalants à nos gitans européens ont apporté leurs traditions : Prestidigitation, acrobaties, lancer de couteau, jonglerie... mais aussi les penchants extrèmes que connaissent de tels groupes : vol et travail de force pour les hommes, séduction et prostitution pour les femmes, volonté d'autonomie du groupe ,...

De nombreux religieux : De multiples ascètes, religieux et autres prêtres ou chamans (Sennin, Gyoja, Yamabushi,...) ont apporté leurs connaissances spirituelles et guerrières, leurs méthodes de contrôle de soi et leurs croyances à ces groupes. Ils vivaient souvent dans les montagnes et formaient de petits clans.

De nombreux guerriers : Beaucoup de guerriers (Samurai, Bushi, Buke, Ronin,...) se sont réfugiés dans les montagnes après avoir été blessés sur un champ de bataille, ou bien chassés par un ennemi de leur territoire, ou encore après la mort de leur maître. Ces guerriers ont apporté leur connaissance du combat et de la stratégie, ainsi que leur culture générale.

Toutes ces influences se sont mêlées et ont donné naissance à des groupes d'individus ayant les mêmes traditions et aspirations, vivant en général en autonomie à l'écart des villes, et louant leurs services au seigneur local ou au gouvernement militaire. De tels groupes avaient souvent pour but de continuer à vivre au contact de la Nature, de rester indépendants du pouvoir en place, et de se spécialiser en renseignements, stratégie, espionnage, ainsi que dans les interventions "commando".

Dans ces périodes de guerre incessantes, l'attitude du pouvoir en place était tantôt de les attaquer (ou plutôt de chercher à les soumettre car ils refusaient d'obéir aux ordres), tantôt de les utiliser car les grands seigneurs avaient néanmoins un besoin vital de leurs services...

De multiples groupes virent ainsi le jour (Suppa, Rappa, Iga mono,...) et deux régions du Japon furent complètement contôlées par ceux-ci : Iga et Koga. Selon la tradition orale transmise par Takamatsu Sensei, on comptait dans ces régions pas moins de 73 écoles (Ryu).

Leur nombre augmenta à un tel point, qu'en 1581, le général Oda Nobunaga, craignant pour sa vie, ordonna aux Ninja de Iga-Ueno de se séparer. Comme ils n'obéissaient pas, il attaqua les 4000 Ninja d'Iga avec 12 000 hommes. La bataille fut cependant remportée par les Ninja. Quelques temps plus tard, Oda Nobunaga revint à l'attaque avec 46000 hommes et des mousquets. la bataille dura une semaine et le général eut finallement raison des courageux Ninja. beaucoup d'entre eux moururent mais certains parvinrent à s'échapper dont le célèbre Sandayu Momochi...

Le pouvoir des Ninja se conforta à nouveau quelques années plus tard, quand Ieyasu Tokugawa (pourtant ancien bras droit de Nobunaga) fut aidé par Hanzo Hattori, chef Ninja de Iga, alors qu'il était sur le point d'être capturé par son ennemi. Lorsque Ieyasu Tokugawa devint Shogun en 1603, il n'oublia pas son fidèle allié et lui confia la gestion de la sécurité du pays. Les Ninja de Iga furent ainsi employés par les autorités et ils continuèrent à se développer...

Les Ninjas, bien que toujours utilisés ensuite, sont peu à peu retournées dans l'ombre et leurs connaissances se sont ensuite transmises de générations en générations.

Au fur et à mesure que la paix relative gagnait le Japon, de nombreuses traditions martiales furent abandonnées et les clans Ninja étaient de moins en moins nécessaires au fonctionnement du gouvernement (bien qu' encore employés épisodiquement). Beaucoup de familles abandonnèrent les traditions martiales pour se tourner vers une vie plus moderne et plus paisible. Les derniers maîtres ou pratiquants de Ninjutsu étaient contraints d'accepter de maigres missions de renseignements, ou encore un emploi de garde du corps, d'instructeurs, ou de policiers.

Lors de l'avênement de l'ère Meiji (1868), le gouvernement axa son développement sur le modèle occidental, révocant la caste des guerriers et le port des sabres. C'est à cette époque que naquit Takamatsu Sensei. Il reçut l'enseignement de son grand père Toda Sensei (descendant direct des Ninja de Iga) et de plusieurs autres experts qui en firent son héritier. Il eut l'occasion de mettre son art en pratique au Japon mais également en Chine, lors de séjours parfois mouvementés. Il mourut en 1972, Maître Hatsumi avait hérité de ces traditions, qu'il ouvrit peu de temps après à l'occident. L'école BUJINKAN est à ce jour la seule école Japonaise reconnue comme ayant des racines historiques anciennes, réelles, et qui enseigne toujours les traditions du NINJUTSU dans son programme...

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# Posté le lundi 16 avril 2007 00:21

Modifié le samedi 04 août 2007 00:18

l'évolution

l'évolution
Au moyen âge japonais, le guerrier traditionnel était appelé "Bushi" ou "Buke" (ceux que nous appelons un peu à tort Samurai, ce qui signifie juste "serviteur"). Afin de défendre son seigneur, il apprenait l'art de la guerre et devait étudier l'art du combat à mains nues ainsi que le maniement de multiples armes. Toutes ces techniques étaient utilisées et testées sur les champs de bataille car le Japon a connu d'innombrables guerres civiles intestines. Pendant plusieurs siècles, notamment pendant la période dite "Muromachi", les techniques de combat furent affinées pour être de plus en plus efficaces. Puis au fil des siècles, ces techniques furent transmises de générations en générations.
Il existait cependant une autre classe de guerriers très habiles qui servaient d'espions, de gardes du corps, de stratèges, ou constituaient des troupes d'intervention. Ces guerriers était appelés "Ninja" (ou "Shinobi"). Ils constituaient l'élite des guerriers de l'époque mais étaient craints car ils vivaient souvent à l'écart de grandes villes et constituaient un pouvoir difficile à maîtriser pour les dirigeants de l'époque.
En effet, beaucoup d'entre eux habitaient dans les régions isolées de Iga ou Koga où ils règnaient en maîtres. D'autres furent acceptés comme conseillers ou responsables de la sécurité (comme le célèbre Hanzo Hattori,...), ont obtenu le statut de Bushi (Samurai) et vécurent en ville ou auprès de leur seigneur. Beaucoup de gens croient (à tort) que tout Ninja est l'ennemi juré du Bushi (samurai), et que les Bushi ne font que des actes nobles tandis que le Ninja ne serait qu'un tueur sans pitié ni morale ! il n'en est rien ! Les Bushi avaient leurs propres excès, comme le droit de vie et de mort sur les gens du peuple (droit qu'ils exerçaient parfois simplement pour tester le tranchant de leur sabre). représentation classique du ninja dans l'esprit populaire, vétu de noir et portant une cagoule pour dissimuler son identité

Les clans Ninja (du moins la plupart) avaient eux aussi leurs propres croyances, leur philosophie et défendaient la Justice de leur seigneur par tous les moyens possibles. Il est difficile d'isoler un acte de guerre et de juger de sa moralité sans avoir toutes les informations. (De tous temps et partout dans le monde, les instances officielles sont toujours protégées et blanchies. On accuse alors souvent un subalterne ou les services secrets d'avoir effectué des dérapages qui ont pourtant été ordonnés par ces mêmes autorités sans reproches !).
Beaucoup des techniques de combat sont mortes avec leurs utilisateurs sur les champs de bataille ou bien ont été oubliées (ou modifiées) par temps de paix, mais certains clans de guerriers Ninja et certains Bushi (Samurai) ont réussi à transmettre leurs connaissances jusqu'à nous. Après avoir étudié pendant de nombreuses années les arts martiaux modernes (Budô) et anciens (Bugei, Bujustu, Kobudô), Hatsumi sensei a été nommé héritier / successeur dans 9 de ces anciennes écoles ("Ryû"). Hatsumi sensei enseigne ces différents styles au sein du Bujinkan, l'organisation qu'il a créée. Hatsumi sensei utilisant des Shuko (griffes) contre 2 adversaires armés...

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# Posté le lundi 16 avril 2007 00:55

Modifié le mercredi 25 juillet 2007 09:16

9 écoles qui étais autrefois des clans

9 écoles qui étais autrefois des clans
Pour désigner notre art, nous utilisons souvent le terme "Ninjutsu" ou "Budô Taijutsu", mais en fait nous étudions 9 arts martiaux différents qui ont chacun leur propre nom, donné à l'époque de création de l'école (ou changé plus tard).

Pour résumer, nous étudions :

4 écoles (ou styles) de Bujutsu (combat à mains nues, combat avec et contre armes) fondées par des Bushi (Samurai) puis intégrées et utilisées par des familles Ninja.

2 écoles (ou styles) de Bujutsu (combat à mains nues, combat avec et contre armes) fondées et utilisées par des Bushi et sans lien direct avec les Ninja.

3 écoles (ou styles) de Ninjutsu (espionnage et combat) fondées et utilsées par des familles Ninja.

Les techniques que nous étudions dans notre art martial (en fait, on devrait dire dans nos arts martiaux) sont donc très variées. En effet, si une école est spécialisée dans des techniques de contrôle et de projection, une autre utilise les sauts et les frappes puissantes, une autre utilise toutes sortes d'armes, une autre apprend à faire face à un sabreur en plus du combat à mains nues, d'autres intègrent des stratégies et des méthodes de dissimulation,...etc...

Pour analyser, ou faire une liste des domaines que nous étudions dans notre art, plusieurs classifications sont possibles et se recoupent :

1/ En tant que pratiquants de l'école Bujinkan, voici les écoles que nous étudions et leurs spécialités :
Koto Ryû Combat à mains nues visant les os du corps humain, sauts,...
Gyokko Ryû Combat à mains nues utilisant les doigts et les os, défense contre un assaillant armé,...
Shinden Fudô Ryû Combat à mains nues , combat au sabre, techniques pour ligoter quelqu'un,...
Tôgakure Ryû Combat à mains nues, combat au sabre, acrobaties, utilisation d'armes cachées (Shuko, Metsubushi, Shikomi Zue, Shuriken,...), escalade, dissimulation, développement de l'intuition,...
Kukishinden Ryû Combat à mains nues, combat en armure, stratégies, combat avec et contre armes : sabres (Katana, Kodachi), bâtons (hanbô, Jô, Bô), lances et hallebardes (Yari, Naginata, Bisentô), Jutte, ...
Takagi Yôshin Ryû Combat à mains nues, immobilisations, défense contre un assaillant armé, travail du Kiai,...
Gikan Ryû Combat à mains nues visant les os du corps humain,...
Kumogakure Ryû Combat à mains nues, utilisation de la lance, dissimulation, orientation et survie
Gyokushin Ryû Combat, dissimulation, stratégies,...

2/ En tant que pratiquants de Ninjutsu, voici les 36 arts (ninja no sanjurokkei) que nous devons étudier :
1 Taijutsu (combat à mains nues)
2 Kenjutsu (sabre)
3 Bôjutsu (bâton long)
4 Jôjutsu (bâton moyen)
5 Hanbôjutsu (bâton court)
6 Yarijutsu (lance)
7 Naginatajutsu (hallebarde)
8 Kusarijutsu (chaîne)
9 Teppojutsu (armes à feu)
10 Seishin Teki Kyoyo (développement philosophique et spirituel)
11 Kusarigamajutsu (faucille avec chaîne)
12 Tantôjutsu (couteau)
13 Juttejutsu (arme d'arrestation)
14 Tessenjutsu (éventail de guerre)
15 Bajutsu (équitation)
16 Kyujutsu (Tir à l'arc)
17 Shurikenjutsu (armes de jet)
18 Reiho (stratégies)
19 Chimon Tenmon ( utilisation du terrain et du ciel, utilisation des étoiles et de la météo, astrologie)
20 Kuji in / Kuji Kiri (méthode de concentration des energies)
21 Shinobi Iri (déplacement silencieux et infiltration)
22 Gotonpo (camouflage et dissimulation)
23 Hensojutsu (déguisement, changement de caractère et d'apparence à volonté)
24 ..........etc.........


3/ Pour être un bon Ninja, il est nécéssaire de maîtriser au moins 8 domaines (Ninja no Hachimon) qui sont :
1 Kiai (se mettre en harmonie avec son environnement)
2 Taijutsu (combat à mains nues)
3 Kenjutsu (utilisation du sabre)
4 Yarijutsu (utilisation de la lance)
5 Shurikenjutsu (utilisation des étoiles, pointes et armes de jet)
6 Kajutsu (utilisation du feu, des explosifs, des fumigènes,...)
7 Yugei (étude des arts classiques : art du Thé, danse, peinture, musique,...)
8 Kyomon (stratégies, éducation et transmission des connaissances)

Après toutes ces énumérations, vous aurez compris que notre art martial aborde de très nombreux domaines d'étude et qu'il n'est pas facile de tout maîtriser. Le travail technique est long et il est difficile de se dire que l'on a tout étudié et que l'on est expert en tout. Néanmoins, après quelques années d'un tel entraînement, le pratiquant se retrouve prêt à affronter toutes sortes de situations dangereuses. Il est évident qu'un pratiquant spécialisé, ne faisant que du sabre toute sa vie (ou du bâton, ou un art de frappe exclusivement) pourra battre un pratiquant polyvalent sur son terrain. (comme un coureur spécialisé battra un pratiquant de plusieurs sports à la course). Mais la polyvalence du pratiquant lui permettra à tout moment de changer les règles du jeu pour battre le spécialiste sur un autre terrain (exemples : lutter et rentrer au corps à corps avec un boxeur ou un sabreur, frapper un lutteur spécialisé en saisies, prendre une arme face à un pratiquant qui est à mains nues, utiliser une arme improvisée face à de multiples agresseurs,...).

L'arme principale du pratiquant reste cependant son esprit car il faut être prêt à réagir naturellement et fluidement face à toute situation dangereuse. De nos jours, le danger n'est pas toujours présent sous forme d' agression , mais parfois il s'agit simplement d'un camion que l'on doit esquiver en traversant, d'une chute en courant ou dans les escaliers, d'une estimation du danger lorsque l'on se retrouve au volant de sa voiture,...

A un autre niveau, la notion d'agression et de survie se retrouve dans notre vie quotidienne par la gestion du stress, la gestion ou modération de ses dépendances (tabac, excès ou mauvais équilibre alimentaire, alcool,...), le choix et l'aménagement de son lieu de résidence (exemple : habiter un quartier très malfamé présente souvent plus de dangers d'agression qu'habiter à la campagne ou dans un quartier tranquille !), la gestion de ses ressources (exemple : avoir un salaire stable ou des "rentes" est un meilleur gage de survie en société qu'être bénéficiaire d'allocations souvent provisoires...). Attention, nous ne prônons pas un mode de vie précis plutôt qu'un autre, mais si l'on y réfléchit bien, un certain nombre d'éléments entre directement en compte pour aborder pleinement la notion de survie et de danger au 20ème siècle et dans nos sociétés civilisées (à court, moyen, ou long terme)....

Enfin, "last but not least" (dernier mais pas des moindres), l'acquisition d'une certaine sagesse (philosophie) devrait se retrouver chez tous les pratiquants ayant un minimum d'expérience. Cependant, il ne suffit pas de conduire une voiture pour être un expert en mécanique. De la même façon, certains pratiquants d'arts martiaux (chez nous comme ailleurs) parlent de philosophie sans vraiment savoir (ou oser) l'appliquer. Il s'agit alors souvent d'un rêve utopique qu'ils aiment à évoquer lors de discussions avec d'autres partiquants (ou élèves) intellectuellement curieux. Si l'on écoute Hatsumi sensei, celui-ci évoque souvent l'aspect philosophique de la pratique. Il a sa propre vision des choses comme tous les artistes (il est peintre et écrivain), mais il insiste sur le fait de ne pas se limiter à une simple pratique technique :

"Vous ne devez pas venir ici uniquement pour apprendre à frapper, vous devez apprendre pour pouvoir défendre votre pays, votre famille et tous les hommes de bien. Vous ne devez pas utiliser le Ninjutsu pour votre intérêt personnel mais l'utiliser pour faire règner la Justice." (Hatsumi Sensei, Japon, 1998)

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# Posté le lundi 16 avril 2007 01:05

Modifié le mercredi 25 juillet 2007 09:18

Hatsumi masaaki

Hatsumi masaaki
Le maître héritier actuel (Sôke) de nos écoles (Ryû) est maître HATSUMI Masaaki. Par tradition et respect, nous l'appelons Hatsumi Sensei (Sensei signifie "professeur", "Maître", ou plus précisément "Celui qui était là avant" ou "Celui qui est devant").

Maître Hatsumi est né le 2 décembre 1931 à Noda, petite ville située à environ 30 km de Tôkyô, au Japon. Très jeune, il fut attiré et passionné par les arts martiaux.
Hatsumi Sensei

Il se souvient d'un moment intense dans son enfance : alors qu'il était seul à la campagne et qu'il rêvait, il regarda soudain la Nature et les montagnes autour de lui. Il fit alors un v½u et cria de toutes ses forces pour appeler un maître Ninja à s'occuper de lui et à en faire un vrai guerrier Ninja. Bien entendu, Il n'eut pas tout de suite de réponse...
Hatsumi Sensei devant le mini chateau de Noda... Hatsumi Sensei grandit et fit ses études à l'université de Meiji. Il y étudia notamment le théâtre, mais il s'initia également au français, et pratiqua le football (pour, dit-il, améliorer son jeu de jambes dans les arts martiaux). Il se dirigea finalement vers des études de Chiropraxie et l'Ostéopathie (soins par massages, manipulation des vertèbres,...). Entre-temps, il avait étudié les arts martiaux modernes et avait atteint un haut niveau dans ceux-ci : 4ème Dan de Judô, 6ème Dan de Shito Ryû Karatedô, Shihan d'Aikijutsu,...Mais il n'était pas entièrement satisfait par ceux-ci. Alors qu'il enseignait le Judô dans la base américaine de Yokota au Japon, il fut contré et mis au sol par un débutant occidental qui utilisait sa grande force et sa carrure pour se jouer de lui. Hatsumi Sensei fut très choqué par cette expérience mais il finit par penser qu'il devait bien exister une méthode de combat où la force et la taille ne l'emportent pas sur la technique et l'expérience. Il se mit alors à chercher un professeur d'arts martiaux anciens (Bujutsu).

C'est ainsi que maître Hatsumi étudia avec Ueno Sensei les Bujutsu traditionnels (les 18 arts étudiés par tout guerrier), et s'initia à divers styles d'arts martiaux anciens (Asayama Ichiden Ryû, Hontai Takagi Yôshin Ryû, Bokuden Ryû,...). En ce temps, Hatsumi Sensei payait très cher pour apprendre et étudier ces arts anciens (300000 Yens par mois, soit environ 15 000 F / mois). En 3 ans, Hatsumi sensei avait fait le tour des techniques proposées par Ueno Sensei, et ce dernier l'envoya étudier directement auprès de son professeur, Toshitsugu TAKAMATSU.

Maître Takamatsu était un maître discret mais très compétent. Il enseignait de multiples écoles anciennes (ou styles) dont il avait hérité le titre de Sôke (successeur). Lorsqu'il accueillit Maître Hatsumi, il lui écrivit un poème :

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# Posté le lundi 16 avril 2007 01:08

Modifié le dimanche 22 avril 2007 02:07

takamatsu

takamatsu
"A l'époque de l'ère Tenei, il y avait un grand maître de Koppôjutsu

Il était calme et paisible comme les fleurs du printemps

Cependant, il était si brave que même 10 000 adversaires ne pouvaient lui inspirer de la peur

Il pouvait même terrasser un animal sauvage avec un simple coup..."
Takamatsu Sensei

Maître Takamatsu, alors âgé d'environ 70 ans demanda au jeune Hatsumi (26 ans) de lui présenter son expérience dans les arts martiaux. Après avoir écouté le récit du jeune homme, Takamatsu Sensei lui proposa de tester son niveau en pratique, pour cela le jeune Hatsumi devait attaquer, frapper, ou projeter le vieux maître. Hatsumi Sensei s'exécuta alors, sans oser utiliser toute sa force. Il fut aussitôt renvoyé au sol. Très fier, il se remit alors sur ses pieds et attaqua avec plus de force. Il fut repoussé avec la même facilité par le vieux maître qui le frappait partout avec précision. Hatsumi sensei attaqua alors de toutes ses forces en empoignant le vieil homme. Une seconde plus tard, il se retrouvait projeté au sol sur sa tête et complètement grogi .

Maître Takamatsu aida le jeune homme à reprendre conscience et lui demanda s'il voulait étudier. Le jeune Hatsumi accepta avec plaisir et enthousiasme. A cet instant, Hatsumi Sensei eut l'impression d'entendre enfin la voix de mère Nature qui lui répondait ...

Maître Hatsumi devint donc l'élève de Takamatsu Sensei, une grande complicité et un profond respect lièrent les 2 hommes. Pour venir étudier avec Takamatsu Sensei, Hatsumi Masaaki devait prendre le train pendant plus de douze heures pour relier Nodashi à Kashiwabara. Ce trajet, il le faisait chaque fin de semaine et repartait pour le lundi matin travailler, et cela pendant 15 ans.
Takamatsu Sensei entrainant le jeune Hatsumi... L'entraînement de Takamatsu Sensei était très dur et Hatsumi Sensei se souvient qu'il était souvent marqué par les coups du vieux maître. A cette époque, il n'avouait rien à son professeur car celui-ci regrettait alors vivement son geste et se faisait du souci pour son jeune apprenti. Pendant la semaine, Takamatsu écrivait souvent au jeune Hatsumi pour lui donner un complément d'information, décrire des points importants, ou parler simplement de philosophie, des anciennes traditions,...etc...

Au cours de ces années d'entraînement, Hatsumi Sensei s'entraîna à de multiples techniques créées et utilisées par les anciens Bushi et Ninja. Il rencontra quelques autres élèves du maître notamment Akimoto Sensei (qui mourut peu de temps après). Bien qu'il ait eu de nombreux élèves, Takamatsu Sensei ne leur avait transmis que certaines spécialités propres aux Bushi (Samurai). Il décida de former Hatsumi sensei à toutes ces techniques mais surtout d'en faire son héritier pour les arts et techniques utilisées par les Ninja.

Voici quelques anecdotes vécues par maître Hatsumi pendant cette période d'entraînement :

-- Alors qu' Hatsumi Sensei étudiait avec son vieux maître, un célèbre maître de Karatédô (10ème Dan) rendit visite à Takamatsu Sensei. Il voulait avoir les conseils du vieux maître pour réussir une tournée qu'il devait faire en occident afin de faire connaître son art. Takamatsu Sensei sentit une certaine arrogance chez le maître et le trouvait un peu prétentieux malgré sa démarche. Il proposa alors au maître de Karatedô d'effectuer un combat souple face à son jeune élève. Le maître, un peu irrité qu'on lui oppose un aussi jeune homme pour adversaire, accepta pour prouver ses compétences. Hatsumi Sensei ne fit qu'une bouchée de lui et le maître repartit plus tard en ayant compris qu'il était trop sûr de lui. Sa tournée mondiale remporta ensuite un vif succés !...

-- Alors qu'il entraînait maître Hatsumi, Takamatsu sensei lui demanda un jour d'aller s'asseoir dans une pièce isolée, de fermer les yeux et de ne plus penser. Hatsumi Sensei obéit et commença à méditer calmement, il entendit Takamatsu Sensei sortir de la pièce et refermer le Shoji (porte fenêtre en bois et papier). Au bout de quelques minutes et alors qu'il ne se passait rien, Hatsumi Sensei plongea soudain sa tête à l'avant puis plongea en roulade de côté. Il ouvrit alors les yeux et constata que maître Takamatsu était entré sans bruit dans la pièce et l'avait attaqué par deux fois avec un sabre tranchant. Takamatsu Sensei semblait satisfait de la réaction de son jeune élève...

-- Alors qu'il logeait chez lui, Hatsumi Sensei fut invité par maître Takamatsu à le suivre alors que le soir tombait sur la campagne. Sans dire un mot, Takamatsu Sensei le conduisit jusqu'à une colline, et là, il sortit le sabre qu'il avait apporté avec lui. Il demanda au jeune Hatsumi de se concentrer et d'attraper la lame avec ses mains nues alors que lui l'attaquerait. Maître Hatsumi s'exécuta et percevant un éclair dans la pénombre, il s'élança pour saisir la lame. La lame fut arrêtée à temps et Takamatsu Sensei offrit ensuite le sabre à son jeune élève.
Un jour, Takamatsu Sensei demanda à maître Hatsumi de changer la lecture de son prénom. En effet, "Yoshiaki" était le prénom qu'il avait reçu à la naissance, mais dans l'histoire du Japon, de nombreux hommes portant "Yoshi" dans leur nom avaient connu de cuisants échecs. Aussi, Hatsumi Sensei accepta-t-il de changer son prénom pour "Masaaki" ("Masa" est une autre lecture possible de l'idéogramme "Yoshi"). Plus tard, il reçut divers surnoms (au Japon, c'est la coutume !), dont celui de Toratsugu (le tigre qui bondit), Testsuzan (montagne de fer), Hisamune (jeu de mot pour Sôke par Takamatsu),... Hatsumi Sensei (à droite) emmenant ses élèves rencontrer Takamatsu Sensei...



De nombreuses années passèrent, et Takamatsu Sensei décida de léguer officiellement son savoir à son jeune élève. Il lui donna de multiples documents (Denshô, Makimono,...) et le nomma héritier/successeur (Sôke) dans les 9 écoles qu'il lui avait enseignées :
Densho de l'école Kukishinden

34 ème Sôke de l'école Togakure Ryû (Ninjutsu)

14 ème Sôke de l'école Kumogakure Ryû (Ninjutsu)

21 ème Sôke de l'école Gyokushin Ryû (Ninjutsu)

18 ème Sôke de l'école Kotô Ryû (Koppôjutsu)

28 ème Sôke de l'école Gyokko Ryû (Kosshijutsu)

26 ème Sôke de l'école Shinden Fudô Ryû (Dakentaijutsu)

28 ème Sôke de l'école Kukishinden Ryû (Happô Hikenjutsu)

17 ème Sôke de l'école Takagi Yôshin Ryû (Jûtaijutsu)

15 ème Sôke de l'école Gikan Ryû (Koppôjutsu)

Peu de temps après, Takamatsu Sensei s'éteignit paisiblement le 2 avril 1972, il avait 83 ans. Hatsumi Sensei fut son seul élève présent à l'enterrement et reste à ce jour son principal héritier pour les arts martiaux.

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# Posté le lundi 16 avril 2007 01:17

Modifié le dimanche 22 avril 2007 02:07